7 Jul 2019

Quelles valeurs pour construire la société de demain ?

Session 39

L’économiste a coutume de s’intéresser à la valeur, celle des biens et des services, au fondement des échanges marchands. Il a moins coutume de travailler sur les valeurs, les considérant comme des données. Mais les valeurs sont des représentations collectives qui évoluent dans le temps et dans l’espace, des constructions sociales et culturelles, qui relèvent à la fois de la sphère privée et de la sphère publique.

Parce que les valeurs sont des normes non écrites, au fondement de nos comportements, les appréhender n’est pas aisé. Leurs véhicules sont la famille, l’école, la religion. Ces trois véhicules ne transmettent pas nécessairement les mêmes valeurs. Celles-ci peuvent être l’objet de conflits : pour des individus, lorsqu’ils appartiennent à plusieurs communautés suivant les différents aspects de leur vie (travail, loisirs, pratiques religieuses, etc.), mais aussi entre les individus selon leurs communautés d’appartenance.  La question est alors celle de la hiérarchie des valeurs et de l’existence ou non d’un plus petit dénominateur commun. Loyauté, authenticité, solidarité, égalité, liberté, responsabilité, respect de la dignité, tolérance, etc. : le risque est que chacun de ces termes puisse être différemment interprété selon les sociétés ou les communautés, de sorte que la confiance en un langage commun en soit érodée.

Parce que le collectif n’est pas l’universel, l’hypothèse de l’existence d’un socle de valeurs partagées qui pourrait constituer le terreau de nos sociétés et de nos projets communs ne saurait donc aller de soi. C’est souvent à travers l’observation de l’itinéraire de vies singulières qu’il est possible de décerner les valeurs qui président aux comportements les plus exemplaires.

Coordination


Françoise BENHAMOU

Membre

Cercle des économistes

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