5 Jul 2019

Quand avons-nous perdu confiance ?

La montée des populismes témoigne d’une rupture de confiance dans nos institutions, notre économie et plus généralement dans notre futur commun. Cette rupture contraste avec les espoirs d’une expansion de l’idéal démocratique et des valeurs émancipatrices que prophétisait sous un titre célèbre F. Fukuyama comme « La fin de l’Histoire ».

Quelles sont les causes profondes de cette rupture et pouvons-nous en retracer la genèse ? La première hypothèse est d’ordre économique : l’émerge de profonds risques économiques au cours des deux dernières décennies, représentés par la mondialisation, la révolution numérique, le réchauffement climatique, les inégalités, ainsi que la grande crise financière de 2008, aurait progressivement érodé la confiance des citoyens dans nos sociétés. La seconde hypothèse est celle d’un « cultural backlash »: l’expansion de valeurs émancipatrices, dont Mai 68 fut le symbole, aurait progressivement érodé l’identité des citoyens qui appellent un retour à des valeurs traditionnelles.  Mais n’assistons-nous pas plus profondément à un changement de civilisation ? Nos sociétés post-industrielles sont traversés par une double tension. D’un côté les aspirations des citoyens ne cessent d’augmenter avec la hausse de leur niveau d’éducation. De l’autre les citoyens expriment une solitude sociale grandissante avec le « désencastrement » des modes de sociabilité, notamment au travail ou dans les territoires. La crise de confiance marquerait alors surtout une crise des aspirations qui cherchent à s’exprimer dans de nouvelles formes d’expression démocratique.

Coordination


Yann ALGAN

Membre

Cercle des économistes

Biographie
Tous les intervenants